Robot Novlangue “Art contemporain”

Après l’écriture de la note précédente où je m’étais un peu défoulée sur la mystique du langage associé à l’art contemporain, je me suis lancée dans l’idée de coder un générateur de critique d’art contemporain. Voici donc la démonstration par l’absurde de la nullité de certains discours officiels :

ROBOT NOVLANGUE “ART CONTEMPORAIN”

Robot Novlangue “Art contemporain”

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J’ai pourtant failli abandonner l’idée en découvrant qu’il existait déjà un générateur de critique d’art, jusqu’à dénicher le site de l’artiste à l’origine de ce générateur. Le logiciel en question a donc été exposé au sein même du Palais de Tokyo. S’agissait-il d’une autocritique libératrice ?

Pour l’anecdote, on érigeait en 2010 une statue “doigt d’honneur” en face du palais de la Bourse à Milan, alors accueillie par le public comme une dénonciation du pouvoir de l’argent… Cette blagounette coûtât en réalité deux millions d’euros au contribuable, tandis que la cote de l’artiste atteignait des sommets dans les salles de ventes. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue, et ainsi s’inocule son propre venin pour s’en immuniser.

Cette fois il ne s’agit pas d’une parodie entre amis, mais bien de déconstruire le langage ésotérique censé légitimer les produits de l’art contemporain, ici désigné comme Novlangue. Ce robot ne génère pas de la critique d’art, mais de la critique appliquée à l’art contemporain – la précision a son importance – et mélange aléatoirement des morceaux extraits des catalogues du Palais de Tokyo et d’ailleurs, et quelques formules d’inspiration personnelle.

Aux critiques d’art en manque d’inspiration qui seraient tentés d’utiliser ce robot pour leur prochain laïus, je ne saurais que leur conseiller de s’abstenir. C’est peut-être qu’il n’y a rien à dire. L’art contemporain, tel que promu par les élites, est fondamentalement inutile à la société, en cela qu’il ne revendique rien. Une œuvre peut néanmoins vous émouvoir, vous toucher en toute naïveté, sans qu’il soit nécessaire de contorsionner les mots pour y déceler un sens caché.

Et en l’absence de sens et d’émotion, eh bien… C’est peut-être que c’est de la merde, tout simplement ?